Ténèbres sur le Terek

 

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        Ultime échappée Manipulation hasardeuse Régression cambrienne

 

"Si l'Etat est fort, il nous écrase. S'il est faible,
nous périssons."

Paul Valéry

 

 

 

 

Synopsis

La période prospère de l'époque du pétrole est révolue. Les Etats du nord-Caucase, devenus indépendants de la Russie, ont subi avec plus ou moins d'infortune le tarissement de cette manne. Désormais, l'enjeu régional réside dans les eaux du fleuve Terek. Pour l'Ossétie, l'Itchkérie (ex-Tchétchénie) et le Daghestan, l'avenir passe par la maîtrise du fleuve. Aussi, lorsque Jim Glinko, le dictateur hégémonique de l'Itchkérie, décide unilatéralement d'aménager le Terek, ses voisins entament-ils un vigoureux bras de fer.
Dans l'indifférence relative de l'Organisation Mondiale des Nations (issue de la fusion de l'ONU et de l'OMC), la diplomate Carol Dopelten est envoyée dans le Caucase pour tenter de trouver un accord sur le partage du fleuve. Mais ses appuis locaux sont rares et le chemin est pavé d'embûches. A Reykjavik, les manoeuvres diplomatiques des grands Etats ne facilitent pas particulièrement les efforts de Carol pour régler la crise.

Beslan. Pendant que les Contaminés s'efforcent de survivre à la surface, les Rescapés s'organisent pour tenir dans leurs abris cachés. Fred Erinred, ancien étudiant en économie et résidant de l'abri de l'université, jalonne la ville pour y dénicher des biens nécessaires à son abri. Il retrouve régulièrement en cachette Amina, son ancienne petite amie, maintenant atteinte d'une immunodéficience. Pour mener ses affaires, Fred rencontre souvent Ayman, un ténébreux trafiquant aux méthodes brutales.
Quels événements ont pu les conduire à cette situation dramatique ?

On trouvera ici un certain nombre de cartes géographiques présentant le théâtre des événements de Ténèbres sur le Terek. Si la lecture du roman peut se mener aisément sans ce support iconographique, le lecteur y trouvera une source d'informations complémentaires sur cette région méconnue.

Les lieux : Reykjavik, Le Caucase, Beslan

Géopolitique : Les organismes internationaux, Le conflit caucasien,
                            Les technologies militaires du futur, L'hiver nucléaire

 

 

 

 

Reykjavik

Reykjavik et l'OMN

 

 

 

Caucase

Caucase
d'après photo Google

Kazbek

Le mont Kazbek
photo : Markus Stadler

 

 

 

 

 

Cosaque

Cosaque, début du XXe s.

 

 

 

 

 

Caucase ethnique

Groupes ethniques
carte : CIA

 

 

 

 

 

Sculpture à Mozdok

Sculpture à Mozdok, Ossétie

 

Ecole de Beslan (2004)

L'école de Beslan, après la prise dotages du 03/09/04

Plan de Beslan

Plan de Beslan
au moment de l'intrigue

Les lieux

Reykjavik

La capitale de l'Islande est aujourd'hui une paisible ville d'un peu plus de 110 000 habitants.
Sa situation géographique extrêmement septentrionale implique des journées ininterrompues lors du solstice d'été et des nuits ininterrompues lors du solstice d'hiver.

Dans Ténèbres sur le Terek, Reykjavik a radicalement changé. Sa longue tradition de neutralité et sa position géographique entre l'Amérique du Nord, l'Europe et la Russie lui ont valu d'être choisie pour abriter le siège de l'Organisation Mondiale des Nations (OMN). Dès lors, son activité a explosé, sous l'afflux de cohortes de diplomates, journalistes, avocats, banquiers et autres consultants (surtout présents durant la période estivale !).

Les bâtiments officiels de l'OMN ont été édifiés sur l'île de Vidhey, campée au milieu de la baie et dont l'accès est strictement restreint. Le principal building est la Star Tower, un immeuble de 88 étages à cinq branches symbolisant les cinq continents. C'est là que sont basés Yak Haricus, le président du Conseil Général de l'organisation, et Carol Dopelten.

 

Le Caucase

A la frontière entre l'Europe et l'Asie centrale (est-ouest) et entre les mondes chrétien et musulman (nord-sud), cette région présente une rare richesse ethnique, linguistique et historique. Les différentes frontières qui se sont succédées depuis l'Antiquité n'ont pas apporté de solution durable à l'enchevêtrement de populations originaires de tout le continent eurasiatique. Voici quelques-unes de ses caractéristiques.

Géographie

Le Caucase est une chaîne montagneuse séparant la mer Noire de la mer Caspienne. Son plus haut sommet, le mont Elbrouz, culmine à 5 6542 m, tandis que le Kazbek atteint 5 047 m. Il s'agit d'anciens volcans. Le nord est appelé Transcaucasie et le sud Ciscaucasie.
Les principaux fleuves qui s'en écoulent sont la Koura (au sud) et le Terek (au nord).
Les sous-sols contiennent du pétrole, notamment aux abords de la mer Caspienne (Azerbaïdjan, Daghestan). La région est ainsi parcourue de nombreux oléoducs.

Politique et histoire

Actuellement, la totalité de la Transcaucasie appartient à la Fédération de Russie. Elle est partagée administrativement entre les républiques du Daghestan (capitale Makhatchkala), de Tchétchénie (Grozny), d'Ingouchie (Nazran), d'Ossétie du Nord (Vladikavkaz), de Kabardino-Balkaria, de Karachay-Cherkessia et des Adygués, ainsi que des krais (territoires) de Stavropol et Krasnodar.
Les anciennes Républiques Soviétiques de Ciscaucasie forment, depuis 1991, des Etats indépendants : la Géorgie (Tbilissi), l'Azerbaïdjan (Bakou) et, plus au sud, l'Arménie (Erevan).

Le Caucase a subi de très nombreuses influences depuis l'Antiquité :
- VIIIe siècle av. J-C : Grecs ;
- puis : Romains, Perses ;
- IVe s. : christianisation ;
- Haut Moyen Age : Byzantins, Arabes ;
- XIe s. : Turcs ;
- XIIe s. : royaumes d'Arménie et de Géorgie ;
- XIIIe s. : Mongols ;

- XVIe s. : Ottomans, Cosaques ;
- XVIIIe s. : Russes.
A la fin des années 1930, Staline dessine des frontières qui divisent les peuples, afin d'étouffer leurs velléités d'indépendance. Durant la Seconde Guerre Mondiale, Hitler chercha a retourner certains peuples musulmans contre la domination soviétique, afin de s'ouvrir un chemin vers la région pétrolifère de Bakou. En répression à cette révolte naissante, Staline procéda à la déportation de 1,5 millions de Caucasiens musulmans (essentiellement des Tchétchènes) vers l'Asie centrale. Leur retour sous Khrouchtchev s'accompagna de nouvelles tensions avec les populations qui avaient pris leur place.

Peuples

Les multiples invasions de cette région ont engendré l'une des mosaïques les plus complexes de la planète. On trouve, sur des surfaces très étroites, des peuples d'origines ethnolinguistiques extrêmement diverses (cf. carte ci-contre), ainsi qu'une grande variété de religions révélées (orthodoxie, judaïsme, sunnisme, chiisme), et même le bouddhisme.
Les principaux groupes sont (religion dominante) :
- les caucasiens : Abkhazes (orthodoxie), Adyguéens/Kabardes (sunnisme), Avars (sunnisme), Géorgiens (orthodoxie), Ingouches (sunnisme), Tchétchènes (sunnisme soufi) ;
- les indo-européens : Arméniens (christianisme), Grecs (orthodoxie), Kurdes (sunnisme), Ossètes (orthodoxie), Russes (orthodoxie) ;
- les altaïques (turco-mongols) : Azéris (chiisme), Koumyks (sunnisme), Mongols (bouddhisme), Nogaïs (sunnisme), Turkmènes (sunnisme).

Organisation sociale tchétchène : Les Tchétchènes sont avant tout des montagnards. Une première distinction s'effectue entre les gens de la montagne et ceux de la plaine.
Les villages sont regroupés dans des teïps, clans incluant plusieurs familles, qui gèrent les questions de la vie quotidienne et sociale. Les teïps sont eux-mêmes regroupés dans des tukkhums, alliances militaro-économiques. La Tchétchénie compte actuellement 9 tukkhums et plusieurs dizaines de teïps.
Parallèlement à cette structure, les Tchétchènes se partagent aussi entre deux confréries sunnites soufies plus ou moins antagonistes, Qadiriya et Naqchbandiya.

 

Pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Caucase
http://www.strategicsinternational.com/2ftchetchenie.htm
http://caucase.courriers.info/

Beslan

Avec moins de 40 000 habitants, elle est, après Vladikavkaz et Mozdok, la troisième ville d'Ossétie du Nord (république de Russie, à ne pas confondre avec l'Ossétie du Sud, région incluse dans la Géorgie). Fondée en 1847 sous le nom de Beslanykau en référence au seigneur local Beslan Tulatov, elle prit son nom actuel en 1950. C'est à ce moment que la ville prit de l'importance, devenant un centre industriel et un noeud ferroviaire.

Beslan fut rendue tristement célèbre en septembre 2004, à l'occasion de la prise d'otages dans sa principale école. Le commando, composé de 32 rebelles tchétchènes et de diverses origines, s'enferma le 1er septembre dans le gymnase avec 1 300 otages adultes et enfants et des explosifs. Au terme de trois jours marqués par la tension, la libération de quelques otages et l'assassinat d'autres, les forces spéciales russes donnèrent l'assaut dans des circonstances non éclaircies. Le massacre qui s'en suivit coûta la vie à 344 civils, dont 186 enfants, et 11 soldats, ainsi qu'à tous les terroristes sauf un.

Au moment où se déroulent les événements de Ténèbres sur le Terek, Beslan a beaucoup grandi. Elle est devenue une grande ville industrielle, capitale économique de l'Ossétie. Après l'ère faste du pétrole, l'Ossétie a développé son industrie, en particulier dans la pétrochimie (agrochimie, plasturgie...). Une vaste zone industrielle s'est étendue sur la rive gauche du Terek, tandis que la rive droite accueille les habitations, le souk, la Cité Administrative, l'université, le Palais et la mosquée. Sous ses trois derniers bâtiments, des abris antiatomiques ont été construits.

 

 

 

Conflits dans le monde

Evolution du nombre de conflits dans le monde depuis 1945
graphique : S. Silvestre

 

Logo ONU

Organisation des
Nations Unies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Logo OMC

Organisation Mondiale
du Commerce

 

 

 

 

 

 

 

 

Logo WNO

Organisation Mondiale
des Nations

 

 

 

 

 

 

 

 

Oléoducs Caucase

Oléoducs et gazoducs
du Caucase
carte : Stratfor, 01/06

Plan de bataille Caucase

Plan de bataille de l'Itchkérie

Carte Asie centrale

Carte de l'Asie centrale
et objectifs militaires

 

 

 

 

 

 

Camouflage actif

Camouflage optique actif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lei-Ting

Chasseur Lei-Ting
franchissant le mur du son

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thermonuclear warhead

Principe d'une ogive thermonucléaire (bombe H)
illustration : US News & World Report

 

 

 

 

 

 

 

 

Champignon atomique

Champignon atomique
à Mururoa
photo : CEP

 

Hiver nucléaire

Hiver nucléaire
illustration : Warzone 2100

 

Rayonnement UV

Rayonnement UV
après un hiver nucléaire

 

Géopolitique

Les organismes internationaux

Organismes diplomatiques

Après la fin de la Première Guerre Mondiale, les nations ont commencé à se réunir au sein d'une première organisation internationale, la SDN (Société Des Nations), fondée en 1919.
Le but premier de son initiateur (le Président américain Wilson) était de remplacer la diplomatie secrète par une diplomatie ouverte, plus efficace. La Cour Internationale de Justice lui fut adossée dès ce moment.

Après le désastre de la Seconde Guerre Mondiale, la SDN fut remplacée par l'ONU (Organisation des Nations Unies) ; elle fut renforcée par une gouvernance, ses prérogatives furent étendues et ses résolutions dotées d'un statut juridique international à caractère contraignant. Elle fut aussi dotée d'un bras armé, les Casques Bleus, lui permettant des opérations de surveillance et de maintien de la paix. Ce n'est qu'à cette condition qu'elle pu agir pour la prévention des conflits.
Puis, ses compétences furent étendues par le biais des nombreuses agences qu'elle contrôle : l'UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organisation, 1945), la FAO (Food and Agriculture Organisation, 1945), l'UNICEF (UN Children's Fund, 1946), l'OIT (Organisation Internationale du Travail, 1946), le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés, 1947), l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé, 1948), l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique, 1956), le PAM (Programme Alimentaire Mondial, 1963), le PNUD (Programme des NU pour le Développement, 1965).
L'ONU compte aujourd'hui 192 membres.

D'autres organismes internationaux ont un rôle diplomatique, voire politique, sans posséder pour autant le caractère contraignant de l'ONU : la Ligue Arabe (1945), l'Union Africaine (ex-OUA, 1963), l'ASEAN (Association of South-East Asian Nations, 1967) ou l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, 1973).

Organismes militaires

L'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) fut créée en 1948 afin d'organiser une défense commune entre les alliés européens des Etats-Unis face à la menace de l'Union Soviétique. A ce jour, elle constitue le seul organisme disposant de moyens opérationnels et d'un commandement intégré permettant des interventions militaires rapides. Son rôle est à la fois dissuasif et opérationnel. 28 Etats en sont membres.

En riposte à cette alliance, l'Union Soviétique créa le Pacte de Varsovie avec les pays de l'est européen en 1955. Il s'agissait d'une alliance plus que d'une organisation. Le pacte fut dissout en 1991, après l'éclatement de l'Union Soviétique.

Organismes économiques

La volonté de coopération internationale au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale ne s'arrêta pas aux niveaux diplomatique et militaire. Afin d'éviter les désordres économiques comme ceux qui précédèrent la Guerre, 23 Etats signèrent en 1947 le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade). Au terme de plusieurs conférences, le GATT se renforça en compétences et gouvernance, accueillit de nouveaux membres et finit par devenir en 1995 un organisme, l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).
Aujourd'hui, l'OMC comprend 152 membres et est devenu le lieu central de toutes les négociations économiques internationales (tarifs, droits de douanes, règles de concurrence, dumping, subventions déguisées, etc.). Par cette action, elle un outil efficace de prévention des conflits entre les nations : des Etats qui ont des échanges économiques réciproques n'ont plus intérêt à en venir aux armes.

En Europe, les Etats décidèrent d'aller encore plus loin dans l'intégration : en 1951, six pays mirent en commun leur politique industrielle sur le charbon et l'acier au sein de la CECA. En 1957, ils fondèrent la Communauté Economique Européenne pour permettre un total libre-échange entre eux. Cette entité devint en 1992 l'Union Européenne, forte aujourd'hui de 27 membres et de très larges compétences.

Deux autres marchés communs ont vu le jour depuis : l'ALENA (Accord de Libre-Echange Nord-Américain, 1987), entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, puis le Mercosur (1991), entre l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela (+5 pays associés).
On peut aussi citer le COMECON (Conseil d'Assistance Economique Mutuelle), initié par Staline en 1949, qui instaura une zone rouble entre les pays du bloc communiste durant la guerre froide. Il disparut en 1991 avec l'Union Soviétique.

 

Dans Ténèbres sur le Terek, l'humanité a poursuivi dans la voie de l'intégration. Partant du constat que l'intégration économique était un facteur de paix, les pays membres de l'ONU et de l'OMC ont décidé de fusionner ces deux organismes en un nouveau, l'OMN (Organisation Mondiale des Nations), basé à Reykjavik. Le but était de former un organisme possédant à la fois la puissance opérationnelle et juridique de l'ONU et l'efficacité décisionnelle de l'OMC. Le principal organe de gouvernance en est le Conseil Général, présidé par Yak Haricus et composé de 25 membres élus tous les quatre ans. Ses outils diplomatiques et de sanction sont à la fois politiques et économiques, ce qui confère un très grand poids à ses décisions.
Toutefois, cet objectif louable n'a été atteint que partiellement. La complexité de sa structure de décision, la multiplicité des organes et les éternelles manoeuvres de blocage des pays récalcitrants rendent l'OMN encore plus inerte que l'ONU. Mais, fondamentalement, ce sont surtout les nationalismes et la mauvaise volonté de certains chefs d'Etat qui entravent la volonté des acteurs les plus constructifs. En effet; les conflits sont inhérents à la notion même de nations.

 

Pour en savoir plus :
http://www.un.org/
http://www.wto.org/indexfr.htm

 

Le conflit caucasien

La configuration actuelle des frontières nationales et régionales du Caucase, héritée de Staline, est encore source de nombreux conflits ouverts ou latents.
En Ciscaucasie, l'Abkhazie cherche toujours à faire sécession de la Géorgie, de même de l'Adjarie (Géorgiens musulmans). Toujours en Géorgie, la "zone" d'Ossétie du Sud (elle n'est plus une région administrative comme sous l'URSS) essaye aussi de marcher vers l'indépendance. En Azerbaïdjan, la région autonome du Haut-Karabagh, peuplée majoritairement d'Arménien, est revendiquée par l'Arménie.
En Transcaucasie, les séparatistes Tchétchènes mènent un violent combat contre la Russie, qui a donné lieu à plusieurs conflits armés (1834-59, 1944, 1994-95, 1999-2000). Les plus radicaux agissent sur fond l'islamisation, avec le soutien d'Al-Qaïda (cf. Beslan). Séparée de la Tchétchénie depuis 1992, l'Ingouchie est aussi le théâtre de fréquents heurts et tensions. Quant au Daghestan, pour l'instant calme, il abrite une mosaïque de dizaines d'ethnies d'origines et de confessions très diverses.
La présence de ressources pétrolières et gazières dans les sols constitue, bien entendu, un facteur d'aggravation de ces tensions.

 

Le conflit qui se déroule dans Ténèbres sur le Terek, oppose, dans un premier temps, l'Itchkérie (actuelle Tchétchénie) à l'Ossétie (actuelle Ossétie du Nord) et au Daghestan. Mais, rapidement, des puissances régionales (Iran, Pakistan, Turquie) et mondiales (Chine, Russie), s'impliquent à leur tour dans la guerre.
Si le facteur déclenchant est le contrôle des eaux du Terek, ce sont avant tout les nationalismes ancestraux qui sont la source de ce conflit.

 

Les technologies militaires du futur

Le déroulement d'une guerre dépend beaucoup des technologies mises en oeuvre. Au XXe s, trois grandes ruptures ont fortement modifié la stratégie militaire : l'aviation, l'électronique (transmissions, radars, optronique, brouillage, etc.), puis les satellites.
Dans Ténèbres sur le Terek, de nouvelles technologies interviennent encore sur la stratégie des états-majors.

L'invisibilité

On comprend aisément l'arme décisive que constituerait cette technologie pour son possesseur, notamment durant la phase précédant une invasion (infiltration de troupes).
Les techniques liées au camouflage optique actif (port d'un écran affichant le fond) progressent, mais on ne peut pas réellement parler d'invisibilité. L'utilisateur peut devenir plus discret mais pas disparaître complètement. De plus, cette technique nécessite l'usage d'une caméra et d'un projecteur externes à placer dans l'axe de l'observateur, ce qui la rend impossible à mettre en oeuvre en situation de guerre.
Des chercheurs britanniques et américains ont ouvert une voie nettement plus prometteuse : celle des métamatériaux, ou matériaux à indice de réfraction négatif ou variable : la lumière peut les contourner, à l'instar de l'eau d'une rivière autour d'un rocher. Envisagés il y a une quarantaine d'années, ils n'ont fait l'objet de réalisations expérimentales qu'au début des années 2000. Pour le moment, cette technique ne permet pas d'envisager un équipement de terrain : l'invisibilité est encore limitée à l'infrarouge, la zone dissimulée est petite et elle laisse encore une ombre résiduelle. Mais les recherches progressent.

Toutefois, il restera toujours une limite à l'invisibilité : la longueur d'onde. En effet, les propriétés du matériau miracle n'agiront que sur une partie du spectre (idéalement la lumière visible). Il restera toujours d'autres parties où la matière ne sera pas invisible.

Le vol hypersonique

La vitesse des engins aériens est un facteur prépondérant de domination. On définit comme supersonique un aéronef se déplaçant à Mach 1 (1 224 km/h) à Mach 5 (6 120 km/h). Au-delà de Mach 5, on parle de vitesses hypersoniques. L'échauffement de l'air provoqué à ces vitesses est tel qu'un plasma se forme, modifiant la physique de l'écoulement.
Actuellement, les avions les plus rapides atteignent Mach 2,5, soit 3 000 km/h (ex. F-15 Eagle, F-22 Raptor), voire Mach 3 (ex. MiG 31 Foxhound).
Les missiles les plus rapides peuvent franchir cette limite. Les missiles aéroportés conventionnels atteignent Mach 4,5 (ex. R530). Ils utilisent comme mode de propulsion le statoréacteur.

Les missiles antimissiles balistiques (sol-air) peuvent franchir Mach 10 (ex. Sprint). Leur propulsion est dopée par des statofusées.
Quant aux missiles balistiques stratégiques (mer-sol SLBM ou sol-sol ICBM), ils dépassent d'ores et déjà les Mach 25 (ex. Trident, M51). Pour cela, ils utilisent des fusées à carburant solide sur deux étages.

Dans Ténèbres sur le Terek, les avions militaires et les missiles aéroportés les plus sophistiqués sont capables de voler à des vitesses hypersoniques. Ainsi, la Chine fait intervenir ses redoutables chasseurs Lei-Ting au détriment de ses adversaires.

L'arsenal nucléaire

Les plus gros missiles stratégiques actuels (ICBM) peuvent embarquer des charges de plusieurs mégatonnes (Mt) sur plus de 10 000 km. Le R-36 russe a même atteint la triste valeur de 25 Mt, soit 2 000 fois la puissance de la bombe Little Boy, qui détruisit Hiroshima...
Une telle puissance de feu n'a pas pour vocation de résoudre un différend frontalier avec un pays voisin ; il s'agit avant tout d'armes de dissuasion (représailles massives ou riposte graduée).
En revanche, la panoplie actuelle de missiles offre des engins tactiques qui pourraient être utilisés dans le cadre de guerres régionales. Parmi eux, les missiles tactiques de courte ou moyenne portée (ex. ASMP, Scud, Pershing) ou les missiles de croisière (ex. AGM-86, Tomahawk) peuvent embarquer des charges de quelques dizaines à quelques centaines de kilotonnes (kt) sur plusieurs centaines de km.
Ce sont eux qui feront prochainement l'objet de la prolifération nucléaire et balistique :
ce type d'engins pourrait bien être utilisé dans un prochain conflit régional.

Les charges nucléaires

On peut les classer en 3 catégories :
- les bombes A : il s'agit du 1er type de bombes inventé ; elles utilisent la fission nucléaire, à partir de blocs d'uranium enrichi ou de plutonium. Leur puissance peut aller de quelques dizaines à quelques centaines de kt. Leurs effets (explosion à basse altitude) sont le souffle, la chaleur, l'impulsion électromagnétique et les radiations (cf. L'hiver nucléaire).
Leur usage est d'ordre tactique, c'est-à-dire qu'elles peuvent servir à détruire certains objectifs en temps de guerre.
Les "mini-nukes" en sont une variante de faible puissance. Elles sont pour but de détruire des objectifs enterrés (bunkers).
- les bombes H : mises au point peu après (1952) ; elles utilisent la fusion thermonucléaire, à partir d'isotopes d'hydrogène (Deutérium, Tritium). Pour parvenir à la fusion, une réaction de fission à base d'uranium/plutonium doit être préalablement effectuée, ce qui rend ces bombes beaucoup plus complexes à maîtriser. Leur puissance va de quelques Mt à quelques dizaines de Mt. Elles ont les mêmes effets que les bombes A, mais avec plus d'intensité ; les retombées radioactives peuvent être minimisées en utilisant un tampon en matière non fissile.
Leur usage est d'ordre stratégique : elles sont supposées prévenir une attaque adverse par l'effet de la dissuasion.
Les bombes à neutron en sont une variante. Leurs effets mécaniques (souffle et chaleur) sont faibles, mais leur fort rayonnement de neutrons détruit les êtres vivants et les équipements électroniques sur plusieurs kilomètres. Leur usage est tactique.
- les bombes radiologiques (ou bombes "sales") : il s'agit de bombes classiques dans lesquelles est ajoutée une matière radioactive.
Beaucoup plus simples à mettre au point, elles sont aussi moins dangereuses : leur but est plutôt de polluer ou d'occasionner un impact psychologique sur les populations.

 

L'hiver nucléaire

Par bonheur, nous n'avons pas encore d'expérience dans le domaine de la guerre nucléaire. Toutefois, dès le début des années 1980, certains scientifiques, comme le néerlandais Paul Crutzen, ont commencé à modéliser les conséquences planétaires d'une guerre nucléaire de grande ampleur. Ces scénarios, connus sous le terme d'hiver nucléaire, peuvent se résumer selon les phases suivantes.

1. L'explosion des bombes

- Outre les dégâts au sol sur plusieurs dizaines de km², le premier effet serait l'injection dans la stratosphère d'énormes quantités de poussières déplacées et aspirées par les champignons atomiques.
- A cette poussière radioactive, s'ajouteraient les suies issues des incendies provoqués par les explosions. Celles-ci seraient d'origine naturelle (forêts, végétation, hydrocarbures) et artificielle (usines, raffineries, matières plastiques). La majeure partie retomberait rapidement au sol, mais une partie monterait aussi dans l'atmosphère.

2. Durant les semaines et mois suivants

- Dans les régions touchées par les bombes, la radioactivité directe ou issue des retombées ("pluie noire" et flux atmosphériques) contaminerait les matières vivantes ou inertes. Les régions les plus touchées deviendraient des déserts radioactifs.
- A la radioactivité, s'ajouterait la pollution au plutonium, un métal très toxique.
- Sur toute la planète, les poussières répandues dans l'atmosphère obscurciraient le ciel, provocant une chute des températures au sol, de l'ordre de 10 à 20°C. Cet hiver nucléaire pourrait durer plusieurs mois, voire années, avant que le soleil ne réapparaisse. Durant cette période, la faune et la flore terrestres péricliteraient rapidement.

3. L'année suivante

- Une autre conséquence grave interviendrait si les belligérants avaient fait exploser des bombes en haute atmosphère (il s'agit d'une option tactique destinée à provoquer des dégâts matériels sur de grands rayons d'action par impulsion électromagnétique et rayons X). Ces explosions produiraient de grandes quantités d'oxydes d'azote (NOx) qui attaqueraient la couche d'ozone.
Alors, une fois les poussières atmosphériques retombées et la clarté revenue, le rayonnement solaire serait beaucoup plus riche en ultraviolets. Ces UV détruiraient les organismes les plus simples et provoqueraient des maladies graves chez les plus complexes : immunodéficiences, cancers, brûlures.
- Pour l'humanité, la disparition générale de la faune et de la flore provoquerait des famines généralisées, ainsi que des épidémies. De surcroît, cette situation engendrerait certainement de graves désordres sociaux (révoltes, pillages...).

4. A plus long terme

- Le climat terrestre serait bouleversé pour une très longue période : la chute des températures pourrait entraîner une mini ère glaciaire (expansion des calottes polaires et des glaciers), les courants marins seraient modifiés et l'atmosphère asséchée, ce qui rendrait les terres plus arides.
- Toutes les chaînes alimentaires seraient rompues, y compris dans les océans, où le phytoplancton aurait été détruit par les UV, ce qui laisserait peu de chances aux espèces qui auraient survécu jusque là...

 

Pour en savoir plus :
http://pagesperso-orange.fr/kadnax/atomik.htm

 

 

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