|
"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme."
François Rabelais
Pran dans son figuier
|
Synopsis
|
|
A la suite de plusieurs bouleversements climatiques (désertification, assèchement des rivières, érosion des sols), les 350 millions de Terriens ne vivent plus que dans les zones subtropicales de la planète. Pour échapper aux rayonnements létaux du soleil, ils sont concentrés dans la centaine de mégapoles qui disposent de para-UV.
Lors d'un séjour à Patna, capitale de l'Etat indien du Bihar, Devi Salt récolte des limules sur la plage pour son amie Satya de l'Institut de Sauvegarde de la Vie. Après avoir rendu visite à ses parents et à un fournisseur, elle rentre avec Pran, son inséparable maki vari, à la station sous-marine de Jairabad, située au large de Patna. Technicienne qualité dans ce grand complexe d'exploitation de zooplancton alimentaire, Devi profite de la vie avec Bes, son compagnon qu'elle essaye de convaincre de fonder un foyer.
Mais un jour, Flora Anyrici, la directrice de Jairabad, apprend qu'une redoutable bactérie, surnommée bacteria funesta, cause des ravages parmi les populations du sud de la Chine. Quelques temps après, elle doit prendre la décision de placer la station en isolement autarcique. Immobilisés sous la mer, les 150 occupants de la station deviennent dépendants de l'électrolyseur qui leur fournit leur oxygène.
Avec le concours de Satya, Devi entame une enquête sur l'origine de la bacteria funesta.
|


|
|
L'Inde orientale après la montée des eaux d'après photo Google
Patna sous ses para-UV
Eolienne-fouet photo : AFP
Plancton photo : diatomloir
La station de Jairabad
|
Les lieux
|
|
Patna et ses environs
|
|
Située à 250 km en aval de Varanasi sur le Gange, Patna est actuellement distante de plus de près de 800 km de l'embouchure du fleuve. Mais, à seulement 53 m au-dessus du niveau de la mer, elle pourrait bien se retrouver en bordure du golfe du Bengale en cas d'importante montée des océans.
C'est ce qui s'est produit dans Régression Cambrienne. Progressivement, les populations vivant dans la vallée du Gange, à commencer par les habitants de Calcutta, ont alors migré vers le nord et Patna est devenue la grande mégapole de la région. La discrète ville fluviale se transforma alors en un grand port commercial au rayonnement international. Son attractivité se renforça encore lorsque le maire décida d'y construire le premier para-UV d'envergure urbaine du monde. Cette structure aérienne, qui garantissait à ses habitants une immunité aux rayonnements UV de plus en plus pathogènes, attira toutes les populations alentour. Le dispositif est constitué de plusieurs anneaux de différents diamètres et hauteurs afin de laisser passer l'air et d'éviter un effet de serre ; les anneaux sont rétractiles pour laisser la pluie tomber les jours nuageux. Pour sortir de la ville, les habitants sont contraints de porter des combinaisons protectrices.
Outre cet équipement, Patna dispose d'un maglev (métro à sustentation magnétique) et du cybermusée Cénohistorique, où sont retracées les différentes périodes de l'humanité. Les déplacements s'y effectuent beaucoup au moyen d'héliplanes, des astronefs à moteurs à hydrogène. Les plus gros permettent les liaisons interurbaines. La plupart des immeubles disposent de leurs propres sources d'électricité : en général, il s'agit de cellules photovoltaïques et/ou d'éoliennes-fouets placées sur les toits.
Au cours de l'histoire, Devi et Bes sont amenés à se rendre au hameau de Neora, où se trouve une usine excentrée de matériel marin. Pour ce faire, ils doivent traverser l'épais maquis qui s'est répandu à l'ouest de la ville, faute de présence humaine, et longer la rivière Son, un affluent du Gange large de plusieurs centaines de mètres.
|
|
Jairabad
|
|
Situé au large de Patna, c'est le plus grand complexe sous-marin d'extraction de zooplancton du monde. 150 personnes, les Jairabadis, y vivent en permanence, travaillant à la maintenance de la station ou à l'exploitation du plancton.
Suite à la rupture des chaînes alimentaires et à la disparition de la faune marine, l'humanité a trouvé dans le plancton une nouvelle source de protéines pour compléter son alimentation. En dehors du mouton et du kangourou, il ne reste presque plus d'aliments procurant des protéines animales. Le plancton est récolté automatiquement par des robots-pêcheurs qui partent le chercher dans les eaux profondes où la température est suffisamment basse. Puis, après un cycle de traitements biologiques et sanitaires (dépollution), il est transformé en puranrimi, une sorte de surimi de plancton. Cette pâte élémentaire est ensuite expédiée à des industriels qui la transforment en toutes sortes de plats en lui ajoutant divers parfums et exhausteurs de goût.
Jairabad est constituée d'une série de modules de forme ovoïde, appelés globes, dédiés aux diverses fonctions de la station et reliés par des boyaux transparents. Le plus grand, le Globe Principal, est celui qui accueille le centre de commandement, les animations et restaurants et la plupart des logements (certains Jairabadis, comme Devi, préfèrent résider dans des globes annexes). D'autres contiennent l'usine de plancton, l'électrolyseur (qui fournit l'oxygène et l'hydrogène nécessaire aux moteurs), le réacteur thermonucléaire ou l'affrètement des conteneurs.
La liaison avec la surface se fait grâce à une liaison satellitaire X-lase (laser à rayon X) relayée par une balise flottante. Pour se déplacer, les occupants de la station utilisent des seariders, de petits submersibles en forme de boomerang propulsés par des moteurs à hydrogène.
|

|
|
L'effet de serre illustration : NASA
La montée du niveau des océans graphique : Wikipédia
La Terre après une montée des océans de 70 m
Décalcification d'un coccolithophoridé photo : Dee Breger, LDEO
Désertification photo : David Astley
Nombre estimé d'espèces source : WCMC, 1992
La couche d'ozone illustration : Wikipédia
Les extinctions de masse graphique : Peter D. Ward, LLNL
Limule photo : Michel Bouffard
La Terre au Cambrien illustration : C. R. Scotese, Paleomap
L'évolution de la vie
La vie au Cambrien illustration : Ciavatti
|
Thèses scientifiques
|
|
Le réchauffement climatique
|
|
De nombreux débats ont lieu sur les origines, les mécanismes et les conséquences du réchauffement actuel de notre biosphère (notamment sur le cycle du dioxyde de carbone). Plusieurs faits sont d'ores et déjà établis : sous la pression du développement humain, la température moyenne de l'atmosphère s'est élevée de près de 1°C depuis un siècle et continuera d'augmenter durant le prochain siècle ; la température des océans a aussi augmenté ; les calottes polaires ont tendance à fondre ; l'activité atmosphérique augmente ; de nombreux écosystèmes terrestres et marins évoluent. Il existe de nombreux sites Internet apportant des éclairages sur ces questions. Voici un bref résumé de certaines des conséquences qui sont évoquées dans Régression cambrienne.
La montée des océans ("transgression marine")
Si les observations démontrent clairement cette tendance (cf. graphique ci-contre), les nombreuses contributions positives ou négatives au niveau moyen des océans rendent très difficile l'établissement d'un modèle fiable pour ce phénomène. En effet, le réchauffement climatique entraîne des contributions à la fois positives ("rétroactions positives") et négatives ("rétroactions négatives") à la montée des eaux. Par exemple, il semblerait que l'enneigement des hauts sommets augmente du fait de l'accroissement des précipitations. Selon les dernières études, la fonte des calottes polaires aurait un effet minime sur cette élévation ; en revanche, le réchauffement des océans entraînerait leur dilatation dans une bien plus forte mesure. Les prévisions sont donc encore particulièrement hasardeuses. Les estimations les plus basses tablent sur une montée globale de quelques dizaines de centimètres en quelques siècles ; les plus hautes se chiffrent en dizaines de mètres. Mais l'élévation ne sera pas du même niveau à tous les points du monde.
Dans le pire cas, une élévation de 70 m du niveau des océans, modifierait considérablement les contours actuels des continents. Ainsi, le Bengladesh et une partie du Bengale occidental seraient entièrement submergés (cf. Patna et ses environs).
L'humidité atmosphérique
Le réchauffement de l'atmosphère entraîne une augmentation de sa teneur en vapeur d'eau. La pluviométrie continuera donc d'augmenter dans différentes zones du globe. De plus, les récents travaux de Mark Saunders, ont établi le lien entre le réchauffement des océans et la fréquence et la violence des ouragans et cyclones.
La couverture neigeuse et les glaciers
A ce jour, les observations ne permettent pas encore de conclure formellement à une diminution des surfaces enneigées et des glaciers. En effet, il semble que l'augmentation globale de l'hygrométrie induise par endroits une augmentation de l'enneigement (par exemple en Antarctique). Toutefois, à plus long terme, la poursuite du réchauffement climatique se traduira nécessairement par un relèvement des altitudes de limite pluie-neige, donc une diminution de la couverture neigeuse. Cela pourrait entraîner une accélération des flux hydrologiques et de l'érosion des sols, en particulier sous les latitudes supérieures (nord du tropique du Cancer) et inférieures (sud du tropique du Capricorne).
L'acidification des océans
L'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère, associée au ralentissement des courants marins ("circulation thermohaline") entraîne un accroissement de la teneur des océans en CO2, notamment dans leurs couches supérieures. Cela induit un mécanisme d'acidification des océans, létal pour les coraux et certaines espèces de phytoplancton à exosquelette en calcaire.
La désertification
Ce phénomène n'est pas proprement généré par le réchauffement climatique, mais il est amplifié, essentiellement par le biais de l'augmentation de l'érosion des sols et par la disparition des couches végétales. La désertification signifie une diminution des surfaces vitales pour l'humanité. A terme, cela influera sur le niveau de la population humaine sur Terre.
Les conséquences sur la biosphère
Ces évolutions climatiques se traduisent naturellement par une évolution des écosystèmes locaux. En soi, ce processus est habituel sur Terre. Mais le phénomène actuel est beaucoup plus rapide que les évolutions antérieures de la biosphère, ce qui interdit aux espèces la possibilité de s'adapter. Aussi, le nombre d'espèces en disparition est-il largement supérieur à celui des espèces en apparition. La planète serait ainsi entrée dans une nouvelle période d'extinction de masse. La biodiversité est d'ores et déjà en danger dans de nombreux écosystèmes, tels les récifs coralliens, les mangroves, les forêts tropicales ou les pôles. Actuellement, le nombre total d'espèces décrites est de 1,6 million ; mais on estime qu'il en existerait en tout 8 à 15 millions. En grande majorité, il s'agit d'insectes (0,95 million sont décrits sur un total possible de 8 millions) ; quant aux vertébrés, les plus voyants, ils ne sont que 50 000, presque tous décrits (cf. tableau ci-contre). Par ailleurs, l'augmentation de l'érosion évoquée plus haut devrait entraîner une baisse des rendements agricoles dans les régions touchées.
Pour en savoir plus : http://resumbrae.com/archive/warming/100meter.html http://menaceclimatique.free.fr/anim_carte_monde.php http://www.astrosurf.org/luxorion/sysol-terre-ecolo.htm http://fr.wikipedia.org/wiki/Acidification_de_l'océan
|
|
La couche d'ozone
|
|
Cette couche ténue de l'atmosphère terrestre est l'une des composantes critiques de notre biosphère. C'est elle qui filtre les rayons ultraviolets (UV) du soleil les plus dangereux pour la vie animale et végétale. Située entre 20 et 50 km l'altitude, elle présente une plus forte concentration en ozone (O3), un dérivé de l'oxygène qui est dégradé au contact de certains gaz que l'homme rejette dans l'atmosphère, comme les composés chlorés (dont les célèbres CFC) ou les oxydes d'azote (NOx). Les processus chimiques atmosphériques étant très complexes et longs, les gaz qui s'échappent aujourd'hui dans l'atmosphère peuvent avoir des conséquences pendant encore plusieurs années, voire décennies.
Si le pic d'émission de dérivés chlorés des années 80 semble maintenant derrière nous, on ne peut exclure que d'autres gaz émis par l'homme se révèlent tout aussi destructeurs à plus long terme. Actuellement, le déficit au-dessus de l'Antarctique semble stabilisé, mais la situation reste critique, les composés chlorés continuant de migrer dans l'atmosphère durant encore plusieurs décennies. L'explosion éventuelle de bombes nucléaires de forte puissance présente aussi un risque majeur pour la couche d'ozone.
Sans elle, la vie serait probablement impossible, ou réduite à une forme très primitive (dans les océans). En effet, les rayons UV détruiraient les liaisons des molécules organiques (l'ADN) et dérèglerait le fonctionnement des cellules, rendant impossible le développement des organismes complexes. Dans l'état actuel du développement de la vie, sa disparition se traduirait par la dégradation de la reproduction animale et végétale et par des mutations brutales et non viables. L'homme verrait son système immunitaire affaibli et serait sujet à des cancers, notamment celui de la peau. Pour continuer à vivre, il serait contraint de porter en permanence des combinaisons filtrantes, ou de vivre sous des dômes protecteurs, comme c'est le cas dans Régression cambrienne.
Pour en savoir plus : http://www.atm.ch.cam.ac.uk/tour/tour_fr/index.html
|
|
Les exctinctions de masse
|
|
Depuis l'explosion de la vie du Cambrien, la biodiversité s'est fortement développée, sur terre comme dans les océans. Mais cet accroissement spectaculaire du nombre d'espèces ne s'est pas fait continûment : il a été ponctué de nombreux accidents de parcours, à l'instar de la célèbre crise du Crétacé-Tertiaire (il y a 65 Ma). A cette époque, on estime que le nombre de familles d'animaux a chuté de plus de 10% (cf. graphique ci-contre), dont les fameux dinosaures (disparus presque totalement). Mais une autre crise majeure avait déjà eu lieu : lors de la transition Permien-Trias (225 Ma), ce serait plus de la moitié des espèces qui aurait disparu, dont 98% des invertébrés marins à coquilles... En tout, on dénombre 5 périodes d'extinctions de masse, plus ou moins graves.
Les causes de ces crises sont multiples. Outre les événements climatiques ou géologiques majeurs (glaciation, volcanisme, météorites géantes), peuvent jouer des modifications environnementales plus progressives ou la compétition entre espèces. Les extinctions de masse peuvent être le produit de plusieurs de ces facteurs. Jusqu'à maintenant, après chaque extinction, de nouvelles espèces se sont développées en occupant les habitats vacants, notamment par le biais de la spéciation.
Mais, depuis l'avènement de l'ère industrielle, on observe de nouveau une chute rapide du nombre d'espèces, due à la prédation humaine et à la diminution des espaces sauvages. Il est possible que la planète soit déjà entrée dans la 6ème période d'extinction de masse. Mais, cette fois, la nature s'en remettra-t-elle ?
Pour en savoir plus : http://www.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/s4/extinctions.masse.html http://site.voila.fr/levolution/kt_1.htm http://www.astrosurf.org/luxorion/bioastro-evolution-extinction.htm
|
|
La vie au Cambrien
|
|
Le Cambrien, qui s'étend de 542 à 488 Ma, marque le début du Paléozoïque (ou ère Primaire) dans l'échelle de temps géologique. Cette période-clef correspond à l'explosion de la vie primitive.
A cette époque, la plupart des terres émergées étaient encore regroupées dans l'unique continent primitif Gondwana. Mais ce n'est pas sur terre que se déroulaient les événements majeurs : le foisonnement de la vie avait lieu dans les océans. Dans un soudain accès de diversité, les organismes métazoaires primitifs évoluèrent vers des plantes et des animaux aux organes de plus en plus nombreux et aux formes variées, dont certains spécimens nous sont encore familiers, comme la limule. Dans un premier temps dotés de squelettes externes, ils évoluèrent ensuite vers des morphologies molles (mollusques, arthropodes). C'est aussi à cette époque qu'apparurent les étoiles de mer, les éponges, les oursins ou les coraux.
Cette multiplicité de nouvelles espèces déboucha sur le développement de la prédation et la complexification de la chaîne alimentaire.
Pendant ce temps, la vie sur terre démarra lentement, sous forme de bactéries et de lichens.
Pour en savoir plus : Dossier Futura-Sciences http://fr.youtube.com/watch?v=faGA_5rEXl8
|

|